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Politique et Internet en France : état des lieux en 2010

Publié le 2 avril 2010 dans la catégorie : Le Dossier du Mois avec les tags , , , , ,

La communication numérique, une communication permanente et différente

L’un des principaux reproches à l’encontre des politiques maniant Internet est la périodicité de leur communication : les blogs, comptes Twitter… sont ouverts quelques jours avant le lancement de leur campagne et sombrent dans l’oubli le plus souvent le soir du scrutin.

De plus, une forte suspicion règne autour de l’auteur réel des messages : beaucoup de textes ne sont pas écrits personnellement, cela se voit mais n’est jamais dit. Ces médias sont personnels : il est donc préférable qu’ils soient alimentés « personnellement ». Toutefois, ce n’est pas obligatoire, à condition d’être transparent sur le sujet.

Enfin, le contenu ne doit pas être « institutionnel » : les blogs sont souvent trop utilisés pour publier des articles qui s’apparentent plus à des communiqués de presse. Or, les lecteurs cherchent une information différente que celle qu’ils vont trouver en écoutant un discours politique au journal télé.

En bien ou en mal, les lecteurs ont besoin de ressentir « la personnalité de son auteur » et cette utilisation ponctuelle et impersonnelle est en total décalage avec les us et coutumes sur Internet.

Ecrire, c’est bien. Répondre aussi…

Enfin, le point noir reste sans contexte les échanges ou plutôt l’absence d’échange entre les politiques et leur lectorat. Beaucoup de blogs ou de comptes Twitter ne sont encore utilisés que pour « pousser » de l’information : un même texte peut se retrouver publié à l’identique sur un blog, une page Facebook, sans aucune autre forme d’échange.

Dupliquer l’information n’est pas mal en soi. Compte tenu de la multiplication des réseaux, cette duplication est même conseillée. Toutefois, la seule publication d’un article est bien entendu insuffisante : quelque soit le support aujourd’hui, les internautes veulent pouvoir commenter l’information mais surtout pouvoir interpeler celui ou celle qui la diffuse.

Bien souvent, les espaces politiques se limitent à des échanges entre internautes, la personne ayant lancé la conversation ayant depuis longtemps déserté les lieux.

Ce phénomène de « push de l’information » est encore plus patent sur Twitter où certains comptes ne contiennent que des messages unilatéraux, se limitant le plus souvent à reprendre à l’identique le titre d’un billet publié sur leur blog.

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